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Journée des langues des signes 2026 : LSF, ASL ou signes internationaux ?

Illustration générée : deux adultes se regardent et échangent en langue des signes pendant un cours, leurs mains et expressions du visage clairement visibles.
LSFLangues des signesJournée internationaleFormation

Non, il n’existe pas une langue des signes unique comprise partout. Pour apprendre utilement, il faut d’abord identifier la personne avec qui vous voulez communiquer, la communauté linguistique concernée et la situation réelle à préparer. En France, la langue pertinente sera souvent la langue des signes française (LSF), mais le pays ne suffit jamais à deviner la préférence d’une personne.

Cette distinction est au cœur de la Semaine internationale des personnes sourdes organisée du 21 au 27 septembre 2026, qui comprend la Journée internationale des langues des signes le 23 septembre. Pour 2026, la Fédération mondiale des sourds et l’ONU retiennent le thème « Déclarer les droits humains des personnes sourdes ». L’année marque aussi le 75e anniversaire de la Fédération mondiale des sourds, fondée le 23 septembre 1951.

L’actualité offre donc une bonne occasion de corriger une erreur fréquente avant de choisir une vidéo, une application ou une formation : un contenu en ASL, la langue des signes américaine, n’est pas automatiquement un cours de LSF.

Ce qui se passe du 21 au 27 septembre 2026

La Fédération mondiale des sourds annonce la Semaine internationale des personnes sourdes et la Journée internationale des langues des signes du 21 au 27 septembre 2026. Elle insiste sur le rôle fondamental des langues des signes nationales. La page officielle des Nations unies précise le thème 2026, la date du 23 septembre et les deux anniversaires mis en avant cette année : 75 ans pour la Fédération mondiale des sourds et 20 ans depuis l’adoption de la Convention relative aux droits des personnes handicapées.

L’ONU rappelle également que plus de 70 millions de personnes sourdes utilisent collectivement plus de 300 langues des signes différentes. Ces langues sont des langues naturelles à part entière, avec leurs propres structures. Elles ne sont pas de simples traductions gestuelles des langues parlées environnantes.

Ce fait change une décision très concrète : chercher « apprendre la langue des signes » sans préciser laquelle peut conduire vers un contenu qui ne correspond ni à la personne ni au contexte visés.

LSF, ASL, BSL et signes internationaux : ce n’est pas le même choix

Les sigles peuvent donner l’impression de variantes interchangeables. Ils désignent pourtant des langues ou des usages différents.

TermeCe qu’il désigneQuand l’envisagerVérification indispensable
LSFLangue des signes françaiseVie quotidienne, famille, études ou travail avec des personnes utilisant la LSFDemander quelle langue et quelles préférences de communication utilise réellement la personne
ASLAmerican Sign LanguageÉchanges avec une communauté utilisant l’ASL, notamment aux États-UnisNe pas déduire que l’ASL sera comprise en France ou ailleurs
BSLBritish Sign LanguageÉchanges avec une communauté utilisant la BSL au Royaume-UniNe pas la confondre avec une version signée de l’anglais ni avec l’ASL
Signes internationauxUsage de contact lors de certaines rencontres internationales ou de voyagesÉchanges ponctuels entre signataires de langues différentesL’ONU le décrit comme une forme de contact au lexique limité, pas comme le remplacement d’une langue nationale

Le pays constitue un repère, pas une preuve individuelle. Une personne peut utiliser la LSF, une autre langue des signes, le français écrit, la lecture labiale, un interprète ou plusieurs moyens selon la situation. Le bon réflexe consiste à demander, sans imposer une solution à sa place.

La grille « personne — lieu — situation »

Cette grille est un outil éditorial proposé par StraFormation. Elle ne vient ni de l’ONU ni de la Fédération mondiale des sourds. Son objectif est de transformer une envie générale — « apprendre quelques signes » — en besoin de formation vérifiable.

1. Personne : avec qui voulez-vous communiquer ?

Évitez de partir du support trouvé en premier. Partez de l’interlocuteur ou du groupe concerné :

  • un membre de votre famille ;
  • un collègue ou un salarié ;
  • des clients dans un commerce, un hôtel ou un service public ;
  • une association ou une communauté locale ;
  • des partenaires lors d’une rencontre internationale.

Si vous connaissez déjà la personne, demandez-lui simplement quelle langue et quel mode de communication elle préfère. Si vous préparez un accueil collectif, rapprochez-vous des personnes concernées ou d’une structure compétente au lieu d’imaginer leurs besoins.

2. Lieu : dans quelle communauté l’échange aura-t-il lieu ?

Notez le pays, mais aussi la ville, l’organisation et le groupe avec lequel vous serez en contact. Une vidéo très visible sur une plateforme peut être produite aux États-Unis et enseigner l’ASL, même si son titre français dit seulement « cinq signes faciles ».

Avant de mémoriser un signe, contrôlez :

  1. le nom exact de la langue enseignée ;
  2. le pays ou la communauté du créateur ;
  3. la date et le contexte du contenu ;
  4. la présence d’une explication sur la grammaire, l’usage et les variantes ;
  5. la possibilité d’obtenir une correction visuelle.

Un contenu sans langue clairement identifiée peut servir à éveiller la curiosité. Il ne devrait pas devenir votre référence principale pour agir dans une situation réelle.

3. Situation : que devez-vous réussir à faire ?

« Communiquer en LSF » reste trop large pour construire un parcours. Décrivez une scène observable :

  • accueillir une personne et comprendre sa demande ;
  • se présenter puis poser deux questions simples ;
  • expliquer une étape de travail et vérifier la compréhension ;
  • participer à un échange familial courant ;
  • demander une précision au lieu de faire semblant d’avoir compris.

La situation permet ensuite de choisir le vocabulaire, les structures, le niveau et le format d’entraînement. Elle évite d’accumuler des listes de signes sans savoir les utiliser dans un échange.

Exercice corrigé : la vidéo qui n’enseigne pas la bonne langue

Le cas suivant est fictif.

Sarah travaille à l’accueil d’un établissement à Strasbourg. Elle veut mieux recevoir un usager qui communique en LSF. Elle trouve une vidéo intitulée « Sign language for beginners » et mémorise dix gestes. La description indique ensuite que la créatrice enseigne l’ASL.

Que doit faire Sarah ?

Correction proposée : elle ne doit pas supposer que les gestes appris seront compris. Elle garde la vidéo comme découverte d’une autre langue, mais ne l’utilise pas comme référence pour son objectif. Elle vérifie d’abord le mode de communication souhaité par l’usager, puis cherche un support ou une formation explicitement en LSF.

Son premier objectif peut être reformulé ainsi : « Dans une scène d’accueil en LSF, je veux saluer, me présenter, identifier la demande et savoir signaler que je dois demander de l’aide. »

Cette correction ne fournit volontairement aucun signe isolé. Sans démonstration fiable, mouvement, orientation, expression du visage, contexte et retour visuel, une description textuelle risquerait d’enseigner une forme inexacte.

Apprendre des signes ou apprendre une langue ?

Une liste de vocabulaire peut donner un premier repère. Elle ne suffit pas à construire une interaction. Une formation devrait permettre de travailler au moins :

  • l’attention visuelle et la prise de tour ;
  • la configuration, l’emplacement, le mouvement et l’orientation des mains ;
  • les expressions du visage et le corps ;
  • la grammaire et la syntaxe de la LSF ;
  • la compréhension d’un message signé, pas seulement sa reproduction ;
  • la culture sourde et les usages de communication ;
  • des mises en situation suivies d’une correction.

Pour un cours en ligne, la qualité de l’image n’est qu’un début : il faut aussi voir ce qui sera corrigé et comment l’apprenant pourra répondre. L’article comment choisir un cours de LSF en visio propose une vérification complémentaire sur le cadrage, l’interaction et le retour pédagogique.

Une fois la langue et le format choisis, l’article faut-il regarder les mains ou le visage pour mieux comprendre en LSF ? aide à travailler l’attention visuelle sans réduire le message aux seules mains.

Comment choisir une formation LSF adaptée

Avant de demander un devis, préparez quatre informations :

  1. la personne ou le public concerné, sans présumer de ses préférences ;
  2. deux situations réelles que vous voulez mieux gérer ;
  3. votre expérience actuelle, même si elle se limite à quelques vidéos ;
  4. vos contraintes de rythme et de format, notamment pour la visio ou le présentiel.

La page Cours de langue des signes française à Strasbourg et à distance présente un parcours de 10 à 100 heures, en présentiel ou en distanciel, sans prérequis affiché, avec des niveaux annoncés de A1 à B2. Le contenu mentionne la grammaire, la syntaxe, la culture sourde et les mises en situation professionnelles.

Ces informations ne remplacent pas un échange de positionnement. La durée pertinente, le groupe, l’individuel, les créneaux, les places, le tarif et les conditions de financement doivent être confirmés pour le projet précis. Aucune inscription ni progression n’est garantie par la seule participation à la Journée internationale.

À retenir

La semaine du 21 au 27 septembre 2026 ne célèbre pas une langue des signes universelle : elle met en valeur les droits linguistiques, les langues nationales et la diversité des communautés sourdes.

Avant d’apprendre, posez donc trois questions : avec qui, où et pour quelle situation ? Si l’échange visé se fait en LSF, choisissez un contenu clairement identifié comme LSF, avec interaction et correction. C’est une décision plus modeste qu’« apprendre la langue des signes », mais beaucoup plus utile pour commencer.

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